Archéologie des espaces économiques : la concentration spatiale des activités et la question des quartiers spécialisés

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Les études archéologiques et historiques sur l’Antiquité, spécialement celles portant sur l’économie et l’urbanisme, utilisent volontiers les concepts de « quartier d’artisans » et de « zone », ou d’autres, plus ou moins équivalents, afin de décrire et d’analyser les regroupements d’activités de production et d’échanges. Cette approche a été en quelque sorte renforcée par le recours aux concepts de « zones » et de « zonages » généralement utilisés dans les études sur l’urbanisme antique, depuis les années 1920 – 1930, afin d’analyser et de classifier les différents secteurs urbains et périurbains qui présentent des spécificités spatiales propres, notamment économiques. Enfin, des idées présentes dans les œuvres de Xénophon, de Platon ou d’Aristote ont incidemment conditionné nos lectures des données archéologiques.
Plus précisément, dans l’archéologie classique, le concept de quartier d’artisans a été utilisé à partir, entre autres, du Céramique d’Athènes (Kerameikos), le « quartier » de la ville où tous les ateliers de potiers et de peintres de vases d’Athènes auraient été installés. D’après le nom de ce proasteion athénien (Thucydide), un véritable concept de quartier-type a été dès lors appliqué pour appréhender les regroupements des activités artisanales et commerciales à l’intérieur ou à l’extérieur des espaces urbains en Grèce ancienne.
En plus du cas du Céramique d’Athènes, ce genre de concept a été en effet appliqué dans plusieurs ensembles urbains en Grèce égéenne et en Italie du sud, mais aussi au Pont-Euxin, voire dans l’ensemble du monde gréco-romain.
Si cette logique fait toujours autorité, notamment au sein de l’archéologie grecque, des travaux récents en France, fondés sur l’analyse spatiale, apportent de nouveaux éclairages. Afin de se doter d’outils efficaces dans l’étude des regroupements des activités économiques il faudrait avant tout aborder les notions mêmes de « quartiers » et de « zones » à partir d’études de cas (exemples de secteurs urbains d’une ville ou de plusieurs établissements). Nous souhaiterions multiplier les points de vue et approcher un certain nombre de schémas d’interprétation. La concentration spatiale des activités économiques et la question des quartiers spécialisés devront donc être croisées dans une perspective comparatiste (mondes grec, romain, italique …) qui vise à la fois à mettre en évidence les évolutions dans le temps mais aussi les implications transversales.

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